Le mystère de la petite rouquine

Suzanne Goldsztajn, une jeune fille juive échappée de la traque du 4 janvier 1944 à Soissons.

Avant-Propos :

Depuis plus de 10 ans que je travaille sur ces persécutions à Soissons pendant la Shoah, une question sur la tragédie du 15 rue Saint-Quentin m’interroge encore aujourd’hui (ou me hante comme tout chercheur sans réponse) : comment la jeune Suzanne Goldsztajn, la cousine de Maurice Wajsfelner, a-t-elle pu échapper ce jour-là aux griffes des limiers ?

L’article écrit ci-dessous est aussi un appel à témoignage auprès des descendants des familles Wajsfelner, Goldsztajn et Mendelson qui vécurent à Soissons, à Paris et en Belgique pendant la Shoah.

Lors de conférences que je donne auprès d’élèves de mon académie d’Amiens, lorsque je raconte l’histoire des Wajsfelner et évoque la cousine Suzanne, certains me posent cette incontournable question : « Comment Suzanne s’est échappée ? ». Je réponds dans un soupir d’impuissance : « Je ne sais toujours pas ! ». Seule consolation pour ces élèves et moi-même, la petite rouquine a survécu.

Maurice Wajsfelner, Chaja et Suzanne Goldsztajn à Soissons, quelques temps avant l’arrestation du 4 janvier 1944.
[Source : Dominique Natanson La Mémoire juive en Soissonnais, 1992, Association Mémoires].

Récit :

C’était un jour d’hiver, froid comme le cœur des hommes du Sipo-SD installés à Saint-Quentin dans l’Aisne. Ces policiers allemands sillonnèrent les routes de Picardie dans leurs camions à plateau ou leurs tractions-avants pour débusquer des Juifs de tout âge dans les villes et villages. Cette opération demanda également le concours de la gendarmerie ou de la police française. Dans l’après-midi du 4 janvier 1944, à Soissons, ces hommes frappèrent aux portes des domiciles suspectés d’appartenir à des Juifs ou pénétrèrent dans des classes d’écoles.

Dans le quartier de la rue Saint-Quentin à Soissons, tout le monde savait qu’au second étage de l’immeuble du n°15 vivaient un jeune garçon juif de dix ans avec sa tante Chaja et sa jeune cousine Suzanne. Il s’appelait Maurice Wajsfelner.  Depuis un an et demi et l’arrestation de ses parents et de son grand frère Charles, il n’avait plus de nouvelle depuis la dernière carte envoyée de Drancy le 28 juillet 1942 avant de partir vers une « destination inconnue ». Avec Suzanne et sa tante Chaja, une des sœurs de son papa, ils vivaient entre la crainte d’une arrestation et la confiance d’un voisinage qui aidait comme il pouvait. Mais ce mardi 4 janvier 1944, la Nuit allait recouvrir en plein jour la vie de cette famille déjà meurtrie par le long silence d’un père, d’une mère, d’un frère et l’angoisse d’une dénonciation. Comme à l’été 42, le cauchemar se répétait. Cette fois les occupants et leurs collaborateurs n’épargnèrent plus les enfants portant l’étoile ni les plus petits sans insigne, parce que Juifs.

On frappa à la porte de l’appartement. Un Soissonnais aurait indiqué l’adresse aux Feldgendarmes[1] armés jusqu’aux dents, sanglés dans leur uniforme d’hiver, zélés dans leurs traques à remplir leurs sinistres convois.

Le lendemain, le commissaire de police de Soissons informa le sous-préfet que huit juifs étaient internés à la maison d’arrêt de la ville. Fernand Levy, un monsieur de soixante-sept ans résidant à Acy ; le couple Cahen, Paul et Fernande de la rue du Collège ; madame Gochperg de l’avenue de Coucy, arrêtée avec ses deux enfants, Albert huit ans et Nelly trois ans ; et enfin Chaja Goldsztajn ainsi que son neveu Maurice Wajsfelner. Tous seront assassinés, un mois plus tard, le 6 février 1944, dans les chambres à gaz de Birkenau.

Depuis plus de 10 ans que je travaille sur ces persécutions pendant la Shoah à Soissons, une question sur la tragédie du 15 rue Saint-Quentin m’interroge encore aujourd’hui : comment la jeune Suzanne Goldsztajn, la cousine de Maurice, a pu échapper ce jour-là aux griffes des limiers ? Avait-elle connu un dénouement similaire que celui de Marie-Claude Cahen, 14 ans, alors à l’école, alertée de la traque des Allemands dans la ville et bénéficiant de la solidarité de professeurs pour la cacher ?[2] C’est probable et quelques informations recoupées semblent le confirmer.

Bien après la guerre, Suzanne légua des photographies sur les membres de sa famille qui ont péri en déportation au centre de documentation du Mémorial de la Shoah à Paris et quelques lignes de témoignages en 1999 auprès du Yad Vashem de Jérusalem. Elle s’appelait désormais Suzanne Charak et vivait au Brésil. Ces derniers éléments arrivés à ma connaissance et avec des recoupements en replongeant dans mes archives sur l’histoire des Wajsfelner me permettent aujourd’hui (février 2021) d’approcher la réponse sans avoir encore les détails. Elles corrigent ou complètent des faits pendant les heures sombres de ces années irréparables pour cette famille.

Jankiel, Bella et Charles Wajsfelner. Non datée, probablement après leur arrivée en France en 1930-1931.
[Source : Yad Vashem, collection Suzanne Charak].
Jankiel, Bella et Charles Wajsfelner. Non datée, probablement après leur arrivée en France en 1930-1931.
[Source : Yad Vashem, collection Suzanne Charak].

Revenons en 1930. Jankiel Wajsfelner, né en 1899 à Krępice, en Pologne, arrivait en France et fit venir en 1931 son épouse, Bella, née en 1900 à Grodno, et leur premier fils, Charles, alors âgé de six ans. Après un bref séjour à Saint-Quentin[3], ils s’installèrent à Crouy avec la naissance en 1933 de Maurice, puis rue Saint-Quentin à Soissons, juste avant la guerre.

Quatre sœurs de Jankiel avaient aussi quitté leur Pologne natale. Deux poussèrent leur exil jusqu’en Amérique du Sud, au Brésil. Les deux autres, sa sœur Chaja Wajsfelner, épouse d’Abraham Goldsztajn, s’établit avec son mari à Paris. Quant à la quatrième, (prénom qui m’est inconnu) Wajsfelner, épouse de Mendelson [4], posa ses bagages à Charleroi en Belgique. Ils ont une fille prénommée Rosa.

Chaja (née Wajsfelner), Abraham Goldsztajn et leur fille Suzanne, vers 1937-38
[Source : Mémorial de la Shoah, cote MXII_20986, coll. Suzanne Charak]
Chaja (née Wajsfelner), Abraham Goldsztajn et leur fille Suzanne, vers 1937-38
[Source : Mémorial de la Shoah, cote MXII_20986, coll. Suzanne Charak, reproduction interdite]


Maurice Wajsfelner et sa cousine Suzanne vers 1938-39 à Soissons.
[Source : Mémorial de la Shoah, cote MXII_20982, coll. Suzanne Charak, reproduction interdite]

Avant la guerre, les deux sœurs avec leur époux aimaient venir en vacances chez leur frère Jankiel à Crouy ou à Soissons. Rosa et Suzanne en profitaient pour s’amuser auprès de leurs cousins Charles et Maurice.

Comme son beau-frère Jankiel Wajsfelner, Abraham Goldsztajn s’était engagé dans la Légion étrangère [5] de l’armée française après la déclaration de guerre à l’Allemagne nazie en 1939. L’un et l’autre échappèrent à l’encerclement des forces allemandes en juin 1940 et furent démobilisés avant d’affronter les premières mesures antijuives des occupants et du régime de Vichy. Abraham, Chaja et leur petite Suzanne (née en 1935 ou 1936) habitaient 33, rue de Pali Kao dans le 20e arrondissement parisien. Lorsqu’Abraham fut arrêté et déporté dans le convoi n°2 du 5 juin 1942, Chaja, sans ressources, emmena sa fille se réfugier chez son frère dans l’appartement de Soissons avec l’espoir d’être davantage en sécurité dans cette petite ville de province que dans la capitale où depuis mai 1941 des milliers d’hommes juifs, apatrides ou d’origines polonaises, avaient été arrêtés par la police française. L’illusion fut de courte durée. La solution finale de la question juive en France était enclenchée à partir de la mi-juillet 1942 à Paris et dans les provinces la zone occupée.

Le jour n’était pas encore levé ce lundi 20 juillet quand deux gendarmes de Soissons se dirigèrent avec leur liste à la main au domicile des Wajsfelner. Croyant qu’on venait juste arrêter les hommes, Jankiel se précipita chez sa voisine de palier au deuxième étage de l’immeuble, madame Choquet, afin de s’enfuir par les toits. Lorsque les gendarmes pénétrèrent dans l’appartement, ils trouvèrent figés dans l’effroi Belja Wajsfelner, son fils Maurice, sa belle-sœur Chaja et sa nièce Suzanne. Charles, son fils aîné, était absent, et sa mère ne révéla pas qu’il était à Crouy chez des amis. Les deux gendarmes respectèrent stricto sensu les ordres reçus : embarquer uniquement les personnes inscrites sur leur liste. Pour le 15 rue de Saint-Quentin, il y était écrit : Jankiel, Bella et Charles Wajsfelner. Ils emmenèrent donc la maman de Maurice. Ce dernier resta, car ils ne prenaient pas encore les enfants de moins de 18 ans, avec sa tante et sa cousine qui n’étaient pas non plus sur cette maudite liste.

Charles Wajsfelner à Soissons vers 1941-1942.
[Source : collection particulière Stéphane Amélineau, reproduction interdite]

Le lendemain, Jankiel et Charles se rendirent aux gendarmes pour ne pas abandonner Bella. Ils la retrouvèrent au camp de Drancy le 22 juillet avant d’être déportés ensemble dans le convoi numéro 12 du 29 juillet 1942. La boulangère et amie, madame Salvage, dont la boutique jouxtait l’immeuble, reçut la dernière carte écrite par Charles la veille de leur départ vers « une destination inconnue » avec ce passage : « Je vous remercie encore une fois de tous ce que vous pourrez faire pour ma tante, sa fille et mon petit frère. Je salue très cordialement votre famille en attendant de vous remercier tout ça de près ». Ils ne revinrent jamais…

Ce que nous savons du sort de Jankiel et Charles, à partir des archives du musée d’État d’Auschwitz, c’est que tous les hommes de ce convoi (280) furent sélectionnés pour entrer comme Häftling dans l’enfer d’Auschwitz I Stammlager et qu’ils survécurent au moins jusqu’au 19 août 1942. Jankiel a-t-il retrouvé son beau-frère Abraham Goldsztajn, entré par le portail Arbeit macht frei le 4 juin 1942 ? Ce n’est pas impossible. Si c’est le cas, Jankiel et Charles ont dû retrouver leur proche très affaibli. Ce dernier périt dans le camp le 14 août 1942. Sur son avant-bras gauche, où son corps gisait dans le Leichenhalle du block 28, avait été tatoué le n°38515. Jankiel et Charles avaient reçu un numéro de la série des 54000.

A Soissons, Chaja s’occupa au mieux de Maurice et de Suzanne, grâce à l’aide de voisins et de la boulangère. Munis de leur « étoile », les enfants se rendaient à l’école. L’année 1943, dans la ville, n’avait vu aucune descente de la police ou de la gendarmerie pour arrêter des Juifs. Un répit tout relatif jusqu’à ce 4 janvier 1944.

Suzanne, où étais-tu quand les nazis ont pris ta maman et ton cousin ? Qui t’a sauvé ? Quelles âmes généreuses t’ont cachée jusqu’à la Libération ?

Aujourd’hui, je n’ai que ce témoignage succinct dans les archives du Mémorial : « elle échappa aux arrestations ». Ou encore ces mots prononcés par sa cousine Rosa Mendelson en 1998[6] : « Ma cousine rouquine, c’est sûr elle n’a pas été déportée et elle a été cachée mais je ne sais pas par qui. Moi je crois qu’elle a été cachée ici à Soissons, soit dans un collège, soit dans un orphelinat. Je ne sais pas comment ma mère a pu la retrouver ».

L’histoire de Rosa, de son père et de sa mère, autre sœur de Jankiel Wajsfelner, est un autre chapitre sombre de la tragédie des hommes pendant la Shoah. Seule luciole d’espoir contre l’oubli, elle survécut avec sa maman. Un long périple de la Belgique en 1940 à la Belgique en 1944, en fuite perpétuelle depuis le début de l’offensive allemande le 10 mai 1940 sur les routes de France. Celle-ci une fois occupée, ils subirent l’angoisse d’un peuple indésirable entre internements dans les camps de la honte du régime de Vichy et évasions, entre traque et cachettes, entre pièges et mains tendues. Le couple et leur fille Mendelson, arrêtés, passèrent deux années par les camps de Pithiviers dans le Loiret, d’Agde dans l’Hérault et de Rivesaltes près de Perpignan. De ce dernier camp, ils s’enfuirent une première fois avant d’être repris. D’un des neufs convois de Rivesaltes dirigés vers Drancy entre août et septembre 1942, ils purent à nouveau s’échapper mais le père fut rattrapé, exhortant sa femme et sa fille de continuer à fuir.Interné le 7 septembre à Drancy, il partit dans le convoi n°32 du 14 septembre 1942. Il s’appelait Lazyja Mendelson né le 20 février 1895 à Glasnow[7].

La mère de Rosa, n’avait qu’une idée en tête, remonter à Soissons rejoindre son frère. Après un incroyable et long périple, entre chemins et petites routes, se déplaçant de nuit, se cachant le jour dans les bois, quelques argents cousus dans la doublure de leurs vêtements, ils atteignirent enfin Soissons début 1944. Elles trouvèrent l’appartement de la rue Saint-Quentin vide, tous déportés. Elles décidèrent de revenir en Belgique et réussirent à se cacher dans des clochers à Charleroi ou chez des habitants sûrs, grâce à la protection d’un abbé.

Juste après la guerre, la mère de Rosa put retrouver et recueillir sa nièce Suzanne. En 1948 elle l’accompagna au Brésil la jeune rouquine rejoindre ses deux autres tantes. Suzanne l’orpheline vécut ensuite sa vie dans le pays aux bois de braise que Stefan Zweig définissait comme terre d’avenir.


Suzanne Goldsztajn, et Rosa Mendelson avec sa maman entre 1945 et 1948 
[Source : Mémorial de la Shoah, cote MXII_20984, coll. Suzanne Charak, reproduction interdite]

Je ne sais donc ce qu’est devenue Suzanne, espérant que la paix et le bonheur aient pu donner de la sève à sa vie après son enfance meurtrie. Ce qui est sûre, c’est qu’elle emporta outre-Atlantique la plupart des photos diffusées dans cet article afin de conserver le visage et la mémoire de ses parents et proches disparus.

A Suzanne et Rosa en espérant que la santé leur prête longue vie. A leurs enfants et descendants dont j’espère un jour être en relation. A Dominique Natanson qui a posé les premières pierres de l’édifice mémoriel des familles Wajsfelner, Goldsztajn et Mendelson.


Notes :

[1] D’après le témoignage de madame Choquet, voisine des Wajsfelner.

[2] https://itinerairesdememoire.com/2016/02/05/ca-mest-restee-tellement-dans-ma-tete-cette-histoire/

[3] D’après le témoignage de Rosa Mendelson donnée en 1998 dans un collège de Soissons, cousine de Maurice et Suzanne.

[4]  Il faudrait faire des recherches plus poussées mais un certain Lazyja MENDELSON né(e) le 20/02/1895 à GLASNOW, déporté(e) par le convoi n° 32 au départ de Drancy le 14/09/1942. Possible que ce soit le père de Rose MENDELSON, cousine de Maurice, Charles et Suzanne, mais c’est à vérifier…

[5] https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/m0054caa77105d68

[6] Rosa Mendelson témoigna devant des collégiens de Soissons et leur professeur d’histoire Dominique Natanson qui enquêtait sur l’histoire de la famille Wajsfelner.

[7] D’après mes recherches mais cela reste encore à confirmer. Des recoupements entre le témoignage en 1998 de Rosa Mendelson, qui ne cite pas les prénoms de sa mère et de son père, et les archives du Mémorial de la Shoah, me laisse penser que c’était bien l’identité de son père.

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Il s’appelait Alain

Je souhaite saluer le magnifique et courageux travail de neuf élèves volontaires de 3e sous la direction de deux de leurs professeurs du collège Edgar Faure de Valdahon dans le Doubs, madame Falempe et monsieur Dupré.

Avant le premier confinement de cet « ère Covid », les deux enseignants s’étaient engagés dans ce non moins remarquable projet européen Convoi 77 : transmettre autrement l’histoire de la Shoah (dont j’invite tous professeurs qui le souhaitent à aborder ce sujet par le biais d’une démarche d’enquête pour redonner un visage sur un nom, un itinéraire de vie sur ces innocents persécutés ou assassinés à Auschwitz-Birkenau via le dernier convoi massif de juifs déportés de France, le 31 juillet 1944).

Madame Falempe, monsieur Dupré et leurs élèves n’ont pas ménagé leur peine pour arriver au terme d’un long parcours de Mémoire et produire un dossier publié sur le site Convoi77.org. Il retrace avec talent et humanité, sous la plume et le crayon d’enfants d’aujourd’hui, l’histoire d’un jeune garçon juif de huit ans, déporté dans ce convoi : Alain Jurkiewicz. Il fut arrêté près de la frontière Suisse avec des membres de sa famille en septembre 1942, à quelques kilomètres du collège.

Après cet évènement irréparable dans la vie d’Alain, le petit fut confié à l’orphelinat des enfants juifs de La Varenne (Val-de-Marne actuel). C’est pour cette raison que les deux enseignants m’avaient contacté pour les mettre en relation avec mon ami Albert Szerman, le seul survivant des enfants juifs de l’orphelinat lors de la rafle du 22 juillet 1944 orchestrée par l’ignoble SS Aloïs Brunner. Le jeune Alain était parmi ces enfants qui montèrent ce jour-là dans les autobus sous le regard effrayé d’Albert, dirigés ensuite vers le camp de Drancy avant de partir dans ce 77ème convoi…

Étant très admiratif de leur travail historique et pédagogique avec leurs élèves je tenais, dans cet article, à vous faire partager cette vie exhumée de l’oubli.

NOTES :

A propos des initiateurs du projet européen sur le convoi 77

A propos de l’histoire de l’orphelinat et de la pension Zysman à la Varenne, je vous renvoie à ce document interactif que j’avais réalisé et publié en 2020 : Les orphelins de La Varenne, juillet-août 1944

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Une nouvelle étoile brille sous la voute céleste des femmes inoubliables

A Ginette Rambach (1928-2020)

Je viens de l’apprendre le cœur serré et courbé, madame Ginette Rambach nous a quittés il y a un mois. Comme tout être avec qui nous avons partagé des moments bouleversants dans la nudité de nos émotions, j’ai replongé dans nos correspondances et nos entretiens ces huit dernières années. Je ressens dans mes souvenirs les tasses de thé partagées lors des visites que je lui rendais dans son dernier appartement à Soissons, rue du Théâtre romain. Je revois ce regard bleu, suspicieux lors de notre première rencontre, lumineux d’affection quand elle m’habilla de sa confiance.

Je voudrais, en ces quelques lignes, offrir à notre Mémoire le respect et le salut qu’elle mérite.

Chaque rencontre est une bibliothèque. Vous en sortez avec ce supplément d’humanité qui vous élève et vous grandit, vous éclaire et vous guide.  Quand vous en trouvez une après l’avoir recherchée dans les méandres obscurs de la Nuit, la gardienne d’une histoire parmi six millions d’autres ne vous confie pas les clés facilement pour rouvrir les pages les plus dramatiques d’une jeunesse, au cœur de la Shoah. De tous les témoins que j’ai rencontrés pour réhumaniser des noms sur des stèles, exhumer des êtres sans sépulture, Ginette fut celle qui, dans son regard si clair, si bleu, se méfiait de l’inconnu que j’étais à ces yeux lors de notre première rencontre le 4 juillet 2012 pour convoquer le passé de son mari : André Rambach. De nationalité française et de confession juive, il naquit et vécut à Villers-Cotterêts. Arrêté et déporté pour ses activités de résistance, il fut déporté en 1944 dans les camps de concentration de Mauthausen, d’Ebensee et de Melk. Au même moment, ses parents embarquèrent dans le convoi n°66 du 20 janvier 1944 vers Auschwitz-Birkenau où ils périrent. André Rambach revint le regard vide en 1945. Il survécut tout au long de sa vie dans les séquelles de ses tortures, accompagné par cette femme non-juive, infirmière, qui l’épousa après la guerre et porta avec lui une douleur silencieuse et ineffaçable. Ginette, une autre héroïne anonyme, fit renaître, malgré tout, la vie à son époux. Dans l’écrin de leur couple, leurs enfants essaimèrent l’espoir et l’avenir. C’est leur plus grande victoire contre les nazis et leurs collaborateurs.

Je republie ici, le récit de notre première rencontre dans sa maison de Villers-Cotterêts. [Stéphane Amélineau, La Shoah en Soissonnais : Journal de bord d’un itinéraire de Mémoire. Éditions Fondation pour la Mémoire de la Shoah/ Le Manuscrit, collection Témoignages de la Shoah, Paris, 2017, page 89-90] :

Mercredi 4 juillet 2012

À Villers-Cotterêts, je rencontre Ginette Rambach, qui épousa André Rambach juste après la guerre, quand il revint de sa déportation dans les Kommandos de forçats de Mauthausen, en mai 1945. Elle est la belle-fille de Lucien et de Georgette Rambach, tous les deux déportés et assassinés à Auschwitz en janvier 1944. Rue Pasteur, je sonne au portail d’un joli pavillon entouré d’un jardin où plantes et bosquets de fleurs sont agencés avec soin et bon goût. Ce jardin est à l’image de cette femme de 80 ans qui m’ouvre sa demeure et dont la sève de vie semble retarder le vieillissement.

Elle m’accueille avec gentillesse mais je sens poindre une légère appréhension qui se confirme lorsqu’elle refuse l’enregistrement de notre entretien :

– « Je suis méfiante par nature. Ne m’en veuillez pas, mais je ne vous connais pas ! »

Quand nous nous asseyons, je remarque sur la table de la salle à manger des dossiers d’archives personnelles qu’elle a préparés pour notre rendez-vous. Tout ce qui concerne la famille de son mari pendant l’Occupation était soigneusement disposé dans des chemises entrouvertes. L’enregistrement finalement n’aurait pas eu trop de sens car tout était consigné dans ces pages. Je lui demande néanmoins si elle accepte de répondre à quelques questions que j’avais préparées.

– « Je ne sais pas si je pourrais ou voudrais répondre à toutes, me précise-t-elle. »

Je dois mettre en confiance Mme Rambach et la convaincre de l’importance de transmettre ses souvenirs à la mémoire des jeunes générations, au-delà de son cercle familial et de ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants. Au fil de notre conversation, Ginette m’accorde cette confiance et je lui en suis très reconnaissant.

En fonction de mes questions, elle sortait des documents : un texte dactylographié de trois pages aux interlignes serrés écrit par son mari, André, au début des années 1960. Mais aussi des photographies de ses beaux-parents, les pièces d’identité marquées de l’infâme sceau « Juif » à l’encre rouge, une carte d’identité falsifiée de son époux quand il était entré dans la Résistance en Savoie, des cartes de tickets de rationnement, des fascicules sur les camps de Mauthausen et ses dépendances à Ebensee et Melk, des lettres de proches et enfin un brouillon écrit de sa main sur dix pages qui reprend le texte dactylographié d’André Rambach sur lequel elle a ajouté des compléments d’informations.

Ces documents sur la table, l’évocation de ce passé aux cicatrices indélébiles sont sources de larmes que Mme Rambach ne peut contenir. Elle s’en excuse souvent et je balbutie quelques mots de réconfort en lui témoignant mon admiration pour son courage à évoquer sa famille maltraitée par l’Histoire.

Ginette Rambach me demande, intriguée :

– « Pourquoi faites-vous ça ? Êtes-vous juif ? »

A l’automne suivant, toujours en 2012, je venais de finir d’écrire mon chapitre concernant l’histoire de son époux. Je retournais à Villers pour lui déposer en main propre mon manuscrit et les documents personnels qu’elle m’avait prêté pour cette rédaction. Je rouvre mon journal de cette époque, à la page du jeudi 25 octobre 2012, j’écrivais alors :

Destination Villers-Cotterêts où m’attend Ginette Rambach pour 18 h 30. Des témoins directs de mon enquête, elle est la personne la plus réticente à revenir sur cette période. Qui pourrait l’en blâmer ? Surtout pas moi.

Je lui rends les documents qu’elle m’avait prêté pour l’été et lui soumets toutes les pages que j’ai écrites dans mon « Journal de bord d’un itinéraire de Mémoire » concernant le récit de son mari et de sa belle-famille. Je tiens à ce qu’elle corrige d’éventuelles erreurs et qu’elle accepte une possible publication officielle dans mon ouvrage.

Comme le 4 juillet dernier, son beau regard bleu clair s’assombrit à la simple évocation de cette époque, et c’est avec des mains tremblantes qu’elle prend mon récit et le feuillette. Elle a les larmes aux yeux, et comme lors de notre première rencontre, lui faire éprouver à nouveau ces mauvais souvenirs me met mal à l’aise.

            Je précise qu’elle a tout son temps pour lire et quand elle sera prête, alors elle pourra me transmettre son avis.

            – « Vous savez j’ai tellement peur, avec cette montée de l’antisémitisme en France ! Je ne sais pas si c’est bien que vous racontiez tout cela dans votre livre, et puis les photos de ma famille, j’ai tellement peur que cela recommence ! » me confie-t-elle, vraiment effrayée par cette recrudescence de l’antisémitisme.

– « Puis-je faire lire votre livre à mes enfants ? Ils peuvent donner aussi leur accord ou pas ? »

– « Oui, bien sûr, je ne publierai rien sur votre famille sans vos accords ! » ai-je affirmé.

Patiemment, avec toute la douceur que je peux mettre dans mes mots et avec les dernières forces de ma conviction, j’étaye mes arguments pour la convaincre que ce travail, justement, doit contribuer à faire taire toute forme de haine de l’autre parce qu’il n’est pas de ma communauté, de ma confession où de je ne sais quoi encore. Vouloir savoir, c’est vouloir comprendre. Ainsi je saurais transmettre à mes élèves !

On sonne à la porte ; une de ses filles arrive. Après lui avoir expliqué l’objet de ma visite, elle abonde dans mon sens mais souhaite lire attentivement mon texte. Ginette me promet de me rappeler et de nous revoir.

 Je suis sorti complètement vider de cet entretien, l’esprit partagé entre la nécessité du travail de Mémoire et la douleur infligée pour faire revivre ces temps impardonnables à celles et ceux qui les ont vécus.  Je suis en proie à un terrible doute. En marchant sous le crépuscule pour rejoindre ma voiture, j’ai senti l’émotion m’envahir. La fatigue aidant sûrement, j’ai épuisé mes dernières ressources après une journée déjà longue et bien remplie. Sur la route, au cœur de la nuit, au milieu de nulle part, je cherche une épaule sur laquelle m’appuyer, une envie de faire pause ! Entreprendre des investigations sur ce genre de sujet c’est être confronté à des moments d’abattement : qui suis-je pour tourmenter cette femme, pour réveiller pendant des heures et des heures durant ces vies éteintes ?

Je lève mes yeux sur la voute céleste, les étoiles brillent du souvenir de leurs existences. Alors souviens-toi et poursuis !

Quelques jours après, Ginette accepta que le récit de la famille Rambach pendant la Shoah soit publié dans mon livre à paraître. Il ne verra le jour qu’en juin 2017, après cinq longues années de labeur. Lorsqu’elle reçut et lut le livre dans son intégralité, avec des faits supplémentaires découverts dans des archives sur les combats contre les nazis d’André Rambach, elle me confia dans l’une de ses lettres que je conserve précieusement : Un grand merci pour votre livre que vous m’avez fait parvenir. C’est avec émotion que j’ai découvert certains passages de la vie de mon mari que je ne connaissais pas. Mon mari était très discret sur ses activités de résistance et ne parlait pas beaucoup de cette période mouvementée.

Nous avons, depuis 2012, toujours gardé contact avec mes visites, au téléphone ou de manière épistolaire. En décembre de chaque année, je lui envoyai une carte de vœux. Comme un mauvais pressentiment et au regard de tous mes amis, cachés, traqués pendant la Shoah, qui nous ont quittés en 2019 et en 2020, je consultais en ligne[1] avec beaucoup d’appréhension un éventuel avis de décès à son nom. Vendredi 15 novembre 2020, ses enfants, ses petits-enfants et arrière-petits-enfants, ont la tristesse de vous faire part…

J’ai rangé ma carte de vœux et sorti une feuille banche.


Ginette Rambach, 4 juillet 2012, à Villers-Cotterêts à la fin de notre première rencontre. [Collection particulière : Stéphane Amélineau]

[1] Avis de décès publié le 17 novembre 2020 dans La Voix du Nord http://memoire.lavoixdunord.fr/espace/madame-ginette-rambach/655737

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Agenda des rencontres et conférences

Mardi 13 avril 2021 : Conférence/rencontre avec 8 classes de 3e du collège Jean Campin à La Ferté Gaucher (77-Seine et Marne).

Mardi 9 mars 2021 : Conférence/rencontre avec 4 classes de 3e du collège Louise Michel à Villeneuve-Saint-Germain (02-Aisne).

Mardi 16 février 2021 : Conférence/rencontre avec 2 classes de 3e du collège Lamartine à Soissons (02-Aisne).

Mardi 9 février 2021 : Conférence/rencontre avec 6 classes de 3e du collège La Fontaine-des-prés à Senlis (60-Oise).

Lundi 18 janvier 2021 : Conférence/rencontre avec les élèves des Cours Lacordaire à Charmes   et les élèves du Collège Wresinski à  Tergnier (02 -Aisne)

Mercredi 25 novembre 2020 : Conférence/rencontre  avec 2 classes de 3è au collège Saint-Joseph de Château-Thierry (02-Aisne).

Merci à leur professeur et ses élèves qui ont tenu à m’écrire de manière spontanée leurs ressentis :

Lundi 11 mai 2020 : Conférence/Rencontre avec les élèves de 3e au collège César Franck à Amiens (80 – Somme). Annulée.

Mercredi 29 avril 2020 : Conférence/Rencontre avec les élèves (4 classes de 3e) du collège Saint-Martin à Amiens (80 – Somme). Annulée.

Mardi 7 avril 2020 : Conférence/Rencontre avec les élèves du collège Anne-Marie Javouhey à Senlis (60 – Oise). Annulée.

Vendredi 27 mars 2020 : Conférence/Rencontre au Collège Sainte-Famille à Amiens (80-Somme) avec 6 classes de 3è. Annulée.

Mercredi 11 mars 2020 : Conférence/Rencontre  avec des collégiens et des lycéens de classes professionnelles à l’ensemble scolaire Saint Antoine /Sainte Sophie à Bohain-en-Vermandois (02-Aisne). Classes de 3è, de CAP petite enfance et esthétique et de seconde professionnelle esthétique.

Mardi 11 février 2020 : Conférence/Rencontre au collège Joseph Boury à Neuilly-Saint-Front. Trois classes de 3e.

Vendredi 7 février 2020 : Conférence/Rencontre d’élèves de 6è au collège Maurice Wajsfelner à Cuffies (02 – Aisne).

Jeudi 30 janvier 2020 : Conférence/Rencontre avec 5 classes de 3e au collège La Fontaine des Près à Senlis (60-Oise).

Lundi 27 janvier 2020 : Conférence/Rencontre avec 3 classes de 3è au collège Saint-Joseph de Château-Thierry.

Lundi 6 janvier 2020 : Conférence/Rencontre au collège Lamartine avec les élèves de 3e à Soissons (02-Aisne).

De ma conférence dans ce collège (6 janvier) à leurs visites du Mémorial de la Shoah et du Panthéon à Paris (28 janvier) sur des victimes de la Seconde guerre mondiale (deux sujets abordés dans un projet pédagogique citoyen : Juifs du Soissonnais et femmes dans la résistance), voici un magnifique compte rendu du prof doc et des profs d’histoire du collège Lamartine à Soissons dans cette capsule vidéo.

Mercredi 18 décembre 2019 : Conférence/Rencontre avec les élèves du lycée Saint-Rémy à Soissons (02-Aisne).

Panneau réalisé par des lycéens de Saint-Rémy à Soissons après la conférence où j’ai raconté l’histoire de la famille Lewkowicz.

Mardi 3 décembre 2019 : Conférence/Rencontre avec les élèves du CFA Bâtiment à Reims (51- Marne).

Dans l’amphi du CFA Bâtiment de Reims devant 60 apprentis :

Lettres reçues de quelques apprentis sur leurs ressentis de la conférence :

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Vendredi 29 novembre 2019 : Conférence/Rencontre avec les élèves de 3e du collège Jean Fernel à Clermont (60 – Oise).

Merci à toute l’équipe du collège Jean Fernel pour ce beau compte rendu (cliquez sur la photographie) :

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Lundi 18 novembre 2019 : Conférence/Rencontre au Collège Saint-Paul à Soissons (02-Aisne) avec 5 classes de 3è entre 13h30 et 17h30.

Quelques remarques de la classe de 3eA :

remarques élèves

Mardi 17 septembre 2019 : Conférence à l’espace Rachi, Paris V°, de 14h à 17h, sur l’aimable invitation de la Coopération Féminine, de la FSJU et d’Akadem.

L’intégralité de la conférence en vidéo, réalisée par l’équipe d’Akadem : ici

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Lundi 13 mai 2019 : Rencontre avec une classe de 1e STMG au lycée Gérard de Nerval, de 10h à 12h, à Soissons.

Mardi 23 avril 2019 : Rencontre de 5 classes de 3è au collège Jules Verne à Rivery (80 – Somme), une séance de 10h-12h avec trois classes et une séance avec deux autres classes de 13h30 à 15h30.

Mardi 2 avril 2019 : Rencontre avec 32 élèves de 3è pré-décrocheurs et préparatoire à l’enseignement professionnel entre 10h et 12h. Rencontre avec 60 élèves de 1è STD2A (Sciences et Technologies du Design et des Arts Appliqués) et de 1è Terminale STD2A entre 13h30 et 15h30 au lycée Saint-Vincent de Paul à Soissons (02 – Aisne).

Lundi 1er avril 2019 : Dans le cadre de la semaine de l’Éducation contre le racisme et l’antisémitisme (18-24 mars 2019), le Lycée Jules Verne de Château-Thierry (02 – Aisne) m’invite à rencontrer les deux dernières classes de 2de de l’établissement de 13h30 à 15h30.

Lundi 25 mars 2019 : Dans le cadre de la semaine de l’Éducation contre le racisme et l’antisémitisme (18-24 mars 2019), le Lycée Jules Verne de Château-Thierry (02 – Aisne) m’invite à rencontrer deux  autres classes de 2de de 13h30 à 15h30.

Vendredi 22 mars 2019 : Rencontre de 6 classes de 3è (2 fois 3 classes entre 10h et 15h30) au collège Sainte-Famille à Amiens (80 – Somme).

Collège Lycée Amiens mars 2019

Auditorium collège-lycée Sainte-Famille, Amiens (22 mars 2019)

Lundi 18 mars 2019 : Dans le cadre de la semaine de l’Éducation contre le racisme et l’antisémitisme (18-24 mars 2019), le Lycée Jules Verne de Château-Thierry (02 – Aisne) m’invite à rencontrer deux classes de 2de de 13h30 à 15h30.

Mardi 5 mars 2019 : Rencontre avec deux classes de 3è de 9h à 11h, puis atelier de recherches l’après midi, au collège Jean Fernel à Clermont (60 – Oise).

Mardi 26 février 2019 : Rencontre avec des 3è (2 fois deux classes entre 10h et 15h30) au Collège de Neuilly-Saint-Front (02 – Aisne).

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Mardi 29 janvier 2019 : Rencontre avec des élèves de 3è de 14h30 à 16h30 au collège Lamartine à Soissons (02 -Aisne).

Vendredi 25 janvier 2019 : Rencontre avec les élèves de 1è STHR (Sciences et Technologies de l’Hôtellerie et de la Restauration), de 1è ES et 1è S de 10h à 12h au CDI du lycée Saint-Joseph de Château-Thierry (02 – Aisne).

L'Union 2 février 2019, Françoise Delol.

Jeudi 10 janvier 2019 : Rencontre avec deux classes de 3è au collège Anne-Marie Javouhey à Senlis. Restitution des élèves de cette rencontre :

Article : Site Internet du Collège

18 Collège Senlis

Pendant la rencontre du 10 janvier 2019.

Mercredi 5 décembre 2018 : Rencontre avec deux classes de 3è au collège Anne-Marie Javouhey à Senlis.

Ressentis des élèves sur le site de leur établissement.

College senslis 20181205 (3)

Élèves de 3è du collège A-M Javouhey après la rencontre, le 5 décembre 2018

Jeudi 21 juin 2018 : Rencontre avec plusieurs classes (4è et 3è) du collège de Saint-Nicolas à Villers-Cotterêts (02 -Aisne).

Mercredi 30 mai 2018 : Rencontre avec les étudiants en Master I mention Documentation à l’université d’Amiens (ESPE) (80-Somme) pour la matinée.

Mardi 8 mai 2018 : Rencontre au Café littéraire C’est déjà ça à Sâacy-sur-Marne (77- Seine-et-Marne) à 20h45.

Saacy

Lundi 9 avril 2018  : École primaire de Noyant-et-Aconin (02-Aisne) à 9h15.

Mardi 3 avril 2018 : Collège Maurice Wajsfelner à Cuffies (02-Aisne) à 14h55.

Mardi 27 mars 2018 : Collège Quentin de la Tour à Sains-Richaumont (02-Aisne) à 13h30.

Jeudi 22 mars 2018 : Collège Maurice Wajsfelner à Cuffies (02-Aisne) à 14h55.

college wajsfelner

Mardi 13 mars 2018 : Collège Joseph Boury à Neuilly-Saint-Front (02-Aisne) à 8h00.

Mardi 20 février 2018 : Collège Lamartine à Soissons (02-Aisne) à 14h30.

Mardi 13 février 2018 : Collège Lamartine à Soissons (02-Aisne) à 14h30.

Jeudi 1er février 2018 : Collège Jacques Prévert à Flavy-le-Martel (02-Aisne) à 14h45.

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Hommage à Clairette Huet, née Lewkowicz (3.9.1937 / 28.5.2020)

Aux anonymes, les grandes héroïnes.
Aux enfants, sans maman
Aux mamans, chéries par leurs enfants
Aux courageuses, les dévouées silencieuses
A la gentillesse, les désintéressées
A la discrétion, les grandes actions
Aux modestes, les plus beaux atouts
Aux démunies, la main tendue
Aux infortunées, la richesse du cœur

A Clairette qui est tout cela à la fois,
Sur Terre hier comme au Ciel aujourd’hui
A cette femme dont je n’ai jamais vu son pareil
Dans la bienveillance d’un regard.
Dans la sincérité d’un égard.

Même là-haut elle continuera à chanter la vie
Malgré ce que les nazis lui ont pris :
Son papa et sa maman.
A l’aube d’un 20 juillet 1942,
La Nuit s’était levée sur son enfance
Sur un dernier geste parental
D’une couverture posée sur les épaules
Frêles d’une gamine de 5 ans.
Ce soir, Papa et Maman vont l’enlacer
D’un baiser éternel et sans larmes.

Clairette, juin 2013 au lycée Saint-Rémy à Soissons

Clairette, née Lewkowicz en 1937 à Soissons, était la sixième des huit enfants de Ruben/Robert/Simon Lewkowicz et de Ruchla/Rosa/Rose née Herszlilowicz. Ses parents polonais, de confession juive, avaient quitté leur pays natal pour s’installer à Paris à partir de 1920, puis à Soissons en 1932 pour vivre et travailler librement en France. A partir de 1940, de l’occupation allemande et de la trahison du gouvernement de Vichy, la famille Lewkowicz affronta comme tous les juifs de France exclusions et spoliations. Ils furent obligés de vendre leur fonds de commerce, un grand magasin de vêtements (L.ROBERT PARIS COUTURE) 4 place centrale (aujourd’hui, place Fernand Marquigny) et quitter le vaste appartement aux étages, réquisitionné par les autorités de la ville. En juillet 1941, ils réussirent à acquérir une maison au 27 rue du château-d’Albâtre où un an plus tard, dans la nuit du 19-20 juillet 1942, ils furent arrêtés par des gendarmes français. Cette nuit-là, les enfants ont été confiés à leur soeur aînée, Germaine, qui s’était mariée en septembre 1941 à un non-juif, Jacques Bouldoire. C’est la dernière image que les enfants auront de leur papa et de leur maman, encadrés par deux hommes en uniforme. Leur père fut assassiné à Auschwitz I stammlager le 13 aout 1942. Leur mère périt le 2 septembre 1942 à Auschwitz II Birkenau. Jacques Bouldoire réussit après bien des périls à sauver Clairette, alors âgée de 5 ans, ses sœurs et son frère Nathan jusqu’à la Libération dans le centre de la France.

Qui mieux que Clairette peut décrire ses souvenirs de petite fille qu’elle me confia en 2012 dans une lettre :

Dans la nuit du 19-20 juillet 1942, pendant que les gendarmes étaient mandatés pour arrêter nos parents, Jacques Bouldoire organisa notre sauvetage. Mon père m’avait dit : « Tu verras, Jacques est fort, il te portera dans ses bras jusque chez sa grand-mère. » Je me souviens bien qu’effectivement Jacques m’enroula dans une couverture et que dans la tiédeur de cette nuit je regardais le ciel, ce qui ne m’était pas coutumier dans les bras de ce nouveau membre de la famille. Dans la demeure de son aïeule, des matelas étaient posés au sol et je crois que la pièce était éclairée d’un vasistas car mansardée. Mes sœurs et mon frère y trouvèrent des journaux, Le Petit Parisien, je crois, et s’en amusaient bien !

Nous ne réalisions pas encore ce qui se passait. Je n’ai pas souvenir du trajet qui nous mena à Saint-Amand-Montrond [Cher], sauf d’une interminable attente à la gare d’Austerlitz où grouillaient d’innombrables familles comme la nôtre avec des matelas au sol et où les grands parlaient de punaises et de puces – insectes que je n’avais encore jamais vus mais qu’ils semblaient craindre. Dans ce moment-là, la chaleur et la soif (et peut-être la faim) me rendaient assez remuante et je me souviens d’être passée par les bras de chacun de mes aînés essayant de me rassurer et de me calmer.

Par la suite, Jacques et Germaine devaient éprouver beaucoup de tourments pour gérer leur installation dans cette nouvelle vie, nouveaux lieux, nouvelles fonctions et les responsabilités d’une nombreuse famille en temps de guerre et de restrictions ! Je ne crois pas avoir souffert de la faim, mais plutôt de la chaleur et de la soif ; de la peur aussi, car la cour du Petit Vougan, l’hôtel restaurant que géraient Jacques et Germaine, se remplissait aux jours des marchés par des carrioles attelées aux chevaux qui piaffaient, tapant leurs sabots sur le sol pavé qui résonnait de façon que je trouvais menaçante. Les aînés étant tous très occupés, je me trouvais bien seule souvent. Ma petite sœur Claudine (née en 1940) avait dû être confiée à quelques nourrices à moins que ce ne soit Germaine qui s’en soit chargée ; je ne voyais guère ni l’une ni l’autre, ni les autres d’ailleurs, et j’errais dans ces lieux qui me semblaient immenses et très intéressants à découvrir surtout quand les chevaux n’y étaient pas !

Dans ces circonstances, Jacques devait se montrer très sévère car nous n’avions aucun repère dans ce monde plein de dangers, mais il essayait parfois de nous le rendre plus familier. C’est ainsi qu’il nous fabriqua à chacun une paire d’échasses selon notre taille. Micheline et Michel [Nathan] s’en amusaient beaucoup, on aurait pu comparer cela à l’actuel skate-board pour le plaisir qu’ils pouvaient éprouver avec les autres enfants du village. Pour ma part, j’étais un peu trop faible et je ne réussis jamais à faire un pas avec !

À Noël [1942 ou 1943], Jacques essaya de nous gâter un peu. Je me souviens l’avoir vu bricoler en se cachant de façon un peu mystérieuse. Je fus émerveillée le jour de Noël en découvrant dans nos souliers près d’un sapin un bien joli salon de poupée tout laqué blanc qu’il m’avait fabriqué. Grâce à cela, je fus peut-être un peu moins perdue et peut-être l’environnement me parut moins hostile, mais pour peu de temps.

 Revenu après la guerre avec son épouse et leur premier enfant, qu’ils appelèrent Robert, il nous fit revenir dès qu’il le put, et quand sa famille s’agrandit avec la venue de deux filles, Christiane et Claudine, la maison devenue trop petite, il nous plaça à l’orphelinat de Saint-Vincent-de-Paul de Soissons. Cela nous permettait de venir passer les dimanches après-midi et les après-midi des vacances scolaires auprès de notre sœur aînée, de nos neveux et nièces.

Quand j’y repense aujourd’hui, je vois combien Jacques en prenait, lui, des risques. Quiconque aurait pu s’interroger de voir un très jeune couple avoir autant d’enfants et découvrir que nous n’étions pas les siens [Jacques avait 29-30 ans et son épouse, Germaine, 20-21 ans en 1943-1944]. Cependant, et fidèle à la promesse faite à nos parents, Jacques ne nous oublia pas.

Qui mieux que Clairette peut exprimer le courage qu’elle eut avec sa soeur Micheline de se rendre 70 ans après sur les lieux où périrent leurs parents si elles n’avaient été entourées par de jeunes lycéens ?

Merci à celles et ceux qui ont permis ce voyage.

Merci aux élèves volontaires d’avoir effectué des recherches sur les déportés de Soissons et de ses environs.

Merci à ces autres enfants survivants qui ont soutenu ce projet grâce à leurs témoignages.

A tous, merci d’avoir effectué avec nous, enfants et petits de déportés, ce difficile chemin du souvenir. Chemin qui nous amène à honorer tous ces martyres dont nos parents. Nous mesurons le poids de toutes les souffrances et cela nous donne et cela nous donne à prendre conscience – Ô combien ! – de la vraie valeur de la Vie.

Notre vie comme prolongement, comme revanche contre tout ce qui la détruit.

Cette sorte de pèlerinage avec vous à Auschwitz-Birkenau est, je le crois, un hymne à la Vie avec un grand V. Ceux qui avilissent, salissent, abiment la Vie, c’est à eux-mêmes et à l’humanité qu’ils font du tort.

Ceux qui comme vous respecte l’humain, favorisent la tolérance, la compassion, vénèrent la Vie. Vous connaissez la valeur de la Vie, vous la protégez, vous êtes l’honneur de la Vie.

Soyez fiers ! Continuez à vous indigner de l’injustice et de la barbarie.

Plus jamais cela. Il faut que cela ça finisse enfin, les guerres, les injustices, ça ne peut plus durer.

            Le pâle soleil qui s’est montré lors de notre cérémonie d’hommage, gardons le comme une belle lueur d’espoir que nous avons en commun. Nous ne l’oublierons pas.

Clairette HUET (née LEWKOWICZ), 75 ans. Le 20 mars 2013. Soissons.

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Les Orphelins de La Varenne (juillet 1944)

Pour la troisième fois en 25 ans,  un courrier reçu d’un collège du Doubs m’a fait rouvrir les pages sombres de la tragédie des orphelins de La Varenne. C’est ce qu’explique ce diaporama en ligne afin d’aider au mieux mes collègues et leurs élèves de cet établissement sur ce drame de juillet 1944 en banlieue parisienne.
(Cliquez sur l’image pour accéder au diaporama en ligne)

Capture

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A Micheline Lewkowicz (1934-2019)

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Micheline, été 2012 à Soissons.

Chère Micheline,

Tu es partie cette nuit, sans douleur, au cœur de ton dernier sommeil. A pas feutrés, sans faire de bruit, comme le font les gens humbles et dignes, comme tu l’as toujours été. Mon chagrin coule auprès des tiens qui t’ont accompagnée tout au long de ta vie et jusqu’au bout de ta maladie. A ta sœur Clairette dont le dévouement mériterait un panthéon, à ton frère Nathan dont la fraternité passe toujours avant sa propre personne, à tes nièces qui t’ont enlacée comme une seconde mère, à ta maman de substitution, ta sœur aînée Germaine, qui vous avait quittés en 2013 pour rejoindre tes parents arrachés à votre enfance une nuit de juillet 1942 à Soissons.

Famille Lewkowicz

Micheline, en bas à gauche, avec ses parents, deux de ses sœurs (Clairette et Claudine) et frère son Nathan, juillet 1941 à Soissons.

Micheline, notre amitié est si jeune, elle a 7 ans, et je suis aujourd’hui orphelin de cette vertu précieuse que tu m’as offerte dès notre première rencontre en 2012. Tant de souvenirs des moments partagés remontent aussi vite que mes sanglots à la surface de ma mémoire. Notre première rencontre dans mon CDI en juin 2012, entouré de quatre de mes élèves d’alors, volontaires pour m’accompagner dans mes premières recherches sur l’histoire de ta famille avant, pendant et après la Shoah. Nos innombrables tasses de café partagées où jamais tu ne te plaignais des caprices de ta santé, où tu glissais, entre deux gorgées, des traits d’humour qui n’appartenaient qu’à toi. Ce soir-là, où dans un café de Cracovie, je t’ai joué un morceau de piano. Ce noble instrument que tu chérissais tant quand tes mains plus jeunes pouvaient danser allègrement sur les huit octaves. Et cette inoubliable journée du 25 février 2013… Tu avais souhaité avec ta sœur Clairette nous accompagner courageusement pour vous recueillir avec mes élèves, après un long voyage, aux endroits précis où émirent leur dernier souffle de vie, ton papa le 13 août 1942 et ta maman le 2 septembre 1942, respectivement à Auschwitz et à Birkenau. Je t’entends encore dans le car qui nous emmenait vers cette terre de malheurs, me chuchoter à l’oreille en levant les yeux vers le ciel : Là-haut cela fait tellement longtemps que nos parents nous attendent…

Je ne t’oublierai jamais Micheline et j’ai l’intime conviction que dans cinquante ans et plus encore, les élèves qui t’ont rencontrée ou qui connaissent désormais ton histoire, réciteront encore le nom des tiens.

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Hommage à Jacques Katz (1939-2019)

A son épouse, ses enfants, ses petits-enfants, à ses sœurs.

202120626 Jacques KATZ fils de Rachel et d'Henri à son domicile le 26 juin 2012

Ma première rencontre avec Jacques Katz, le 26 juin 2012.

Il n’y a pas d’autre richesse que celle d’une rencontre. Il n’y a pas plus grande tristesse que la mort qui nous en prive. La peine m’est tombée du ciel quand j’appris que l’âme croyante de Jacques Katz y montait, soudainement.

Au début des mes travaux de recherches en 2012, ces hommes et ces femmes de Soissons qui survécurent, enfants de la Shoah, avaient tous acceptés au soir de leur vie de s’entretenir une première fois avec moi pour remuer des souvenirs douloureux, pour convoquer la mémoire de leurs proches disparus. L’Histoire et l’Intime se mêlaient, installant entre nous une confiance mutuelle. Dès lors, une amitié sincère au fil du temps qui passe s’est nouée entre eux et moi. Combien de moments de convivialité autour d’un café, d’un repas de famille au-dessus duquel s’échangeaient des discussions passionnantes sur tout un tas de sujet. Le témoin et l’historien n’existaient plus, deux amis se retrouvaient pour le plaisir de passer des moments ensemble. Tous, ces enfants d’hier (Jacques, Micheline, Clairette, Nathan, Viviane, Lisette, Pauline, Ginette, Alain, et tant d’autres), dans la diversité de leurs parcours et de leurs caractères, m’ont accordé cette richesse. Jacques Katz fut le premier. Il fut ma première rencontre, sa confiance en moi nourrissait mon courage pour sonner à d’autres portes afin d’apprendre et transmettre.

C’était un jour de juin 2012, un mardi, chez lui, dans le salon de son pavillon. C’était hier, et je me souviendrais toujours de son  regard pétillant qui s’était posé pour la première fois sur moi avant de partager avec lui une première discussion à bâton rompu.

Il avait, dès sa prime enfance, affronté bien plus que ne peut supporter les épaules d’un petit garçon de 4 ans lors de cette terrible journée d’hiver du 4 janvier 1944 à Tergnier dans l’Aisne… Alors que sa maman Rachel se cachait depuis un an avant d’être arrêtée et déportée au camp de Bergen-Belsen, elle revint. Alors que son papa, qu’il ne connaissait à peine, était enfermé dans un stalag allemand depuis 1940, il revint. Alors que sa grand-mère paternelle fut déportée dans le convoi 67, pour disparaître à jamais.

Le fil fragile de la vie put néanmoins élevé Jacques, entouré de ses parents portant le fardeau du traumatisme de l’enfermement ou de la traque parce que nés dans un lit plutôt qu’un autre. Mais toujours ils arrachèrent à l’avenir, la promesse de tenir malgré tout, surtout quand vint l’amour d’une femme et la naissance de trois filles. Et Jacques tint avec les vicissitudes que provoquèrent la grande et la petite histoire de l’après guerre.

Vous êtes parti monsieur Katz, mais je viendrais vous dire au revoir, à Soissons, là où raisonnent encore les larmes de vos proches, là où vous vous reposez sur votre lit d’éternité.

Paix à votre âme monsieur Katz.

 

 

 

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Témoignages d’enfants sauvés : Des destins ressuscités par les Justes (S. Amelineau – D. Bertrand – G. Celerse – V. Harif – H. Urban – J. Weill – M. Ferrero-Chesneau)

L’Akadem a publié sur son site Internet, le 6 octobre 2019, la captation vidéo de la conférence du 17 septembre dernier à l’Espace Rachi de Paris et dont j’ai eu l’honneur d’être invité dans la seconde partie au côté de Viviane Harif, née Bich dit Mochet en 1941, enfant cachée de la Shoah. Merci infiniment à la Coopération féminine, le Fonds Social Juif Unifié, la Radio de la Communauté Juive (RCJ) et Akadem pour le professionnalisme et la bienveillance de leur accueil. (Vous pouvez visionner intégralement la conférence avec son sommaire en trois parties sur la droite,  en cliquant sur l’image ci-dessous) :

Capture Akadem

 

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(3 פליקס שפילפוגל )משלוח מספר 28 או ימיו האחרונים של עציר בבלוק מספר .HBK Auschwitz I – Stammlager 1942 לאוגוסט12— ליוני עד ה 24—מה

Note de l’auteur :

Je voudrais remercier chaleureusement Pierre Spielvogel, le neveu de Félix Spielvogel, qui est à l’initiative de ce projet de traduction en hébreu afin que des membres de sa famille en Israël puissent avoir connaissance de mes recherches et de mon article (rédigé en trois parties en avril 2017) sur cet oncle déporté et assassiné à Auschwitz.

Mes remerciements les plus sincères à Zohar Wexler, le traducteur, et Dror Yinon pour les corrections.

Version en hébreu

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