Lettres à Lisette (1)

Ces lettres publiées dans ces pages ont l’accord de celle à qui je les destine : Lisette Gal-El, née Ehrenkranz, à Soissons en 1936, cachée et sauvée de la Shoah dans cette même ville par les Laplace. Telle ne fut pas le sort de sa maman et de plusieurs membres de sa famille originaire d’Ukraine et de Pologne. Quant à son père, Jacques Ehrenkranz, il eut un destin dont la réalité dépasse le romanesque le plus invraisemblable et que j’évoque dans le dernier chapitre de mon livre (à paraître aux éditions Le Manuscrit/FMS, coll. Témoignages de la Shoah en avril 2017, d’après les dernières infos de l’éditeur). Pourtant, bien des faits sont encore à éclaircir, au nom de la rigueur historique et scientifique,  et ces lettres sont comme des compléments d’enquête que des  archives m’ont révélé récemment… Depuis notre première rencontre  en 2013 et notre correspondance régulière, entre sa ville de Ramat-Gan en Israël et mon village de Pavant en France, une sincère amitié s’est tissée entre la survivante octogénaire et le goy quadragénaire  qui veut apprendre et transmettre depuis qu’il mit le doigt sur la persécution des Juifs du Soissonnais entre 1940 et 1944, un jour d’hiver 2011.

Pavant (Aisne), 23-29 décembre 2016

Très chère Lisette,

    Je commence à vous écrire cette première lettre sur mon ordinateur afin que mon écriture manuscrite ne vous fatigue pas trop les yeux ; avec une taille de caractère suffisamment grande pour être lisible facilement.

Comme promis lors de notre dernière conversation téléphonique le jeudi 22 décembre dernier je vais vous faire part de l’immense gisement d’informations que j’ai sondé dans les archives du Service Historique de la Défense (les armées françaises et les réseaux de Résistance entre 1940 et 1944) au château de Vincennes, concernant l’histoire de votre papa. Ces archives dévoilent de nombreuses traces laissées par les activités de votre père dans l’armée française et, en particulier, celles plus clandestines du réseau de résistance  NANA.

A travers vos souvenirs des histoires contées par votre père ou les renseignements inscrits ici et là dans les quelques documents que vous possédez, vous en connaissez bien sûr les grandes lignes. Celles-là même que vous m’avez transmis depuis notre première rencontre en 2013 pour écrire mon chapitre, intitulé L’Odyssée de Jacob, dans mon livre Journal de Bord d’un itinéraire de Mémoire  sur l’histoire de votre famille pendant la Shoah.

Aussi, vous n’apprendrez rien sur l’essentiel, mais bien plus sur les détails, les lieux, les personnes, les circonstances et tant d’autres anecdotes. Ces précisions, j’ai pu y avoir accès en étudiant et photographiant des centaines de documents liés à votre père. Depuis, je les analyse un par un pour que rien ne nous échappe.

En découvrant le destin de votre père, il y 5 ans maintenant, il était de toutes les victimes et les martyrs de la Shoah que j’ai étudié à travers la ville de Soissons, le seul à qui la figure de héros combattant pouvait lui être ajoutée, sans retenue et sans équivoque. Et ce que j’ai découvert le confirme au centuple ! D’où l’émotion qui m’a envahi à la lecture de ces traces conservées et que vous avez perçu au téléphone l’autre jour dans le trémolo de ma voix. L’envie d’écrire un livre uniquement consacré à votre père et ses proches disparus est devenu pour moi, aujourd’hui, irrésistible. J’espère qu’un jour vous lirez plus qu’un chapitre sur « L’Odyssée de Jacob », pour vous, vos enfants, vos petits-enfants et notre mémoire collective.

Je vous rédige cette première lettre, d’autres suivront, sur l’itinéraire de votre père pendant la seconde guerre mondiale. Elles s’appuieront donc, dans un premier temps, sur des archives cataloguées au SHD de Vincennes ; voici les cotes :

 GR 16 P 207884 : La série 16 P concerne les quelque 600 000 dossiers individuels qui composent le fonds concernent des personnes dont les services de résistance ont été homologués ou non (celui de votre père a été homologué mais c’est une autre histoire… que je vous raconterai aussi dans ma lettre) au titre des FFL, des FFC, des FFI, des DIR ou de la RIF. Ils sont constitués des pièces fournies par les demandeurs et des documents issus du travail administratif. Le dossier de Jacques EHRENKRANZ est le n° 207884.

GR 17 P 175 : La série 17 P regroupe les réseaux de Résistance des Forces Françaises Combattantes. Le dossier 175 concerne le réseau NANA dont faisait partie Jacques EHRENKRANZ.

GR 13 P 148 : La série 13 P regroupe essentiellement les archives de la section « Études générales Résistance » du Service historique. Dans les derniers cartons de la série 13 P ont été regroupés les dossiers établis par la section « Études générales Résistance » en vue d’homologuer les unités FFI et les réseaux de résistance. C’est le cas du carton 148 que j’ai étudié et renfermant des informations sur le réseau NANA en vue de son homologation.

« LOdyssée de Jacob » :

Itinéraire de Jacques-Jacob EHRENKRANZ

du 13 novembre 1939 au 13 octobre 1942

Jacques-Jacob Ehrenkranz s’engageait (probablement en même temps que ses beaux-frères : Adolphe-Avraham, Robert-Rywen et Jacques-Jankiel Liwer) dans l’armée française en tant que volontaire étranger à Laon, le 13 novembre 1939, soit deux mois et dix jours après la déclaration de guerre de la France à l’Allemagne hitlérienne. Deux jours plus tard, le 15 novembre, il fut dirigé près de Perpignan au camp de Barcarès et incorpora le 2e Régiment de Marche des Volontaires Étrangers qui deviendra le 22e R.M.V.E. le 20 février 1940. Avec les 21e et 23e R.M.V.E. ils étaient surnommés les régiments ficelles tant ils étaient mal équipés, constitués principalement de soldats juifs d’origine étrangère arrivés en France entre les deux guerres, plus que sensible aux vents mauvais de l’antisémitisme nazi, et de combattants républicains espagnols échoués de l’autre côté de la frontière des Pyrénées après le la victoire de Franco. Le soldat 2de classe Ehrenkranz quitta le camp de Barcarès le 5 mai 1940 avec son régiment de 2800 combattants pour être positionnés le lendemain en Alsace, quatre jours avant l’offensive de l’armée Allemande.

Quand les avancées éclaires de la Wehrmacht percèrent les lignes françaises, Jacques et son régiment eurent pour mission le 22 mai de tenir une boucle de la Somme au sud de Péronne. Le lendemain, les Allemands engagèrent une offensive à Berny-en-Santerre et Villers-Carbonel. Le régiment résista au prix de lourdes pertes. Les soldats du 22e consolidèrent des points d’appui à Fresnes-Mazancourt, Misery et Marchélopot le 29 mai 1940.  Le 5 juin, les troupes du Reich lancèrent une attaque massive. Était-ce pendant cette bataille désespérée que Jacques Ehrenkranz obtint son galon de caporal ? En tout cas, il fut distingué à ce grade en 1940. Les volontaires étrangers furent violemment bombardés. Encerclés, ils résistèrent, combattirent au corps à corps et retardèrent la marche en avant des Allemands sur Paris.  Des sacrifices qui blessèrent et tuèrent environ 2000 hommes, les autres gars du régiment furent prisonniers et c’est parmi ces derniers, à Péronne, le 6 juin, que notre sous-officier rendit ses armes.

Votre père était regroupé avec des milliers de prisonniers dans un Front stalag, un camp sur le territoire français, dont j’ignore encore le lieu, avant d’être transféré dans un camp de P.G. (Prisonniers de Guerre) à l’intérieur du grand Reich. Ironie du sort, après un interminable voyage ferroviaire, il fut interné le 16 juin 1940 au stalag XVII A à Kaisersteinbruch, matricule 73625, à quelques kilomètres de la capitale autrichienne qu’il quitta vingt ans plus tôt. C’était l’un des deux camps de prisonniers pour les hommes de troupe et sous-officiers dans la XVIIe région militaire (Wehrkreis) du Reich national-socialiste, situé dans les provinces de Haute et Basse-Autriche (Ostreich) annexées par l’Allemagne depuis l’Anschluss de mars 1938. Des milliers de soldats prisonniers, de tous les pays, y transitèrent pendant les cinq années de la guerre.

À son arrivée au camp, comme tous les prisonniers, le caporal Ehrenkranz fut douché, tondu, fouillé, doté d’une plaque métallique numérotée avec son matricule et affecté à une des baraques en bois du camp souvent surpeuplé au début de la détention. Découvrons la description faite par un des prisonniers de ce stalag, Pierre Bienvenu (1910-1971) capturé le 4 juin 1940, retranscrit par l’un de ses descendants :

Les rations alimentaires étaient maigres, au Stalag XVII A. Elles s’établissaient ainsi par homme et par semaine : 2425 grammes de pain ; 250 grammes de viande ; 2800 grammes de pommes de terre ; 150 grammes de farine ; 175 grammes de sucre ; quant aux légumes, cela variait en fonction des arrivages. Le menu type se composait d’une ration de pain journalière donnée le matin, d’une soupe dite « La Grayette » pour le midi, composée de pommes de terre et de rutabagas non épluchés, agrémentée d’orties. Dans ce brouet terreux, quelques cartilages figuraient la viande, le tout distribué dans des sceaux de 20 litres. Le soir, les prisonniers recevaient une nouvelle décoction appelée officiellement « Café » avec un cube de margarine synthétique.

Les prisonniers étaient logés dans des baraques en bois, chacune construite pour 300 hommes, séparée en deux parties par un énorme lavabo. Les lits consistaient en des cadres en bois à trois étages munis de plaques d’isorel ; les paillasses furent rapidement supprimées à cause de la vermine ; les vêtements servaient d’oreiller. Trois tables et une dizaine de bancs en bois permettaient à quelques-uns de ne pas manger debout ou assis sur leur lit.[https://famillebienvenu.wordpress.com/144-2/]

  Lisette, était-ce de ce camp de prisonniers que votre papa fit sa tentative d’évasion ? Reprenons votre témoignage issu des souvenirs contés par votre père : « En 1941, il marcha pendant deux jours dans la neige avant d’être rattrapé par les Allemands ». De la neige, il ne pouvait y en avoir que pendant le seul hiver qu’il passa en détention dans un stalag, c’est à dire l’hiver 1940/1941, celui de Kaisersteinbruch, dans les derniers contreforts des Alpes.

Les archives du Service Historique de la Défense à Vincennes mentionnent son transfert au stalag VI A le 3 avril 1941. Il se trouvait à Hemer dans la VIe région militaire (dans l’actuel Land de Rhénanie-nord-Westphalie) au sud-est de Dortmund. Lisons l’histoire de ce camp rédigée par Peter Klagges, Hans-Hermann Stopsack et Eberhard Thomas ; traduit par Klaus Reinhard : [ Document extrait du site Internet de l’Association des Descendants des Prisonniers de guerre des stalags VI A et VI D, A.D.P.G.H.D, présidée par Georges Giraudet. http://www.stalag-via.de/infofranc.htm]

Avec la conquête rapide de la Pologne il fallait cantonner des milliers de prisonniers en très peu de temps. Leur nombre était sous-estimé par l’État-major de la Wehrmacht. De ce fait, on enquêtait sur tous les objectifs militaires dans les circonscriptions militaires susceptibles de servir comme site de camp de prisonniers. La caserne près du Jüberg à Hemer qui était prête à l’état de gros œuvre tombait dans la mire des planificateurs parce que les édifices étaient encore inexploitables pour la Wehrmacht. Une raison de plus pour le choix de ce site était que Hemer disposait d’une liaison ferroviaire et n’était pas situé loin de l’industrie du bassin de la Ruhr.

En septembre 1939, en accord avec l’agence de l’emploi régionale de Dortmund, la décision était prise de créer le premier camp prisonnier de la circonscription militaire VI à Hemer, le Stalag VI A. Tard à l’automne 1939, les édifices de pierre étaient munies de toits, de fenêtres et de portes de sorte que les prisonniers polonais, qui étaient cantonnés jusque là provisoirement en tentes au stade de la Ostenschlahstrasse, pouvaient déménager au camp prisonnier. Néanmoins, l’intérieur des édifices se trouvait toujours à l’état de gros œuvre. Les prisonniers étaient forcés de dormir à même le sol en béton jusqu’à ce que les pièces fussent équipées de châlits de deux à trois étages grossièrement charpentés. Un peu plus tard des baraques en bois étaient construites pour obtenir l’occupation d’effectifs prévue. Le terrain du camp était prémuni d’une clôture double : à l’extérieur par une clôture de 3,50 mètres en hauteur et à l’intérieur du camp par une clôture de 1,50 mètres en hauteur. Pour améliorer la surveillance, six miradors en bois étaient installés. Le bataillon des soldats provinciaux était affecté à la surveillance du camp.

Après l’invasion de la Pologne, environ 12.000 prisonniers polonais étaient transportés au Stalag VI A. Bien qu’ils ne fussent que des slaves «de race inférieure», les prisonniers polonais étaient mieux traités que les soviétiques plus tard. Sous la contrainte de «s’inscrire à titre civil» beaucoup de prisonniers de guerre polonais devenaient des requis civils du travail forcé. Après la découverte d’une cellule du mouvement de la résistance polonaise, la majorité des polonais étaient transférés fin 1942 à d’autres camps.

Avec près de 28.000 prisonniers les français formaient jusque fin 1942 la nationalité la plus importante au camp. Ils étaient traités relativement correctement au camp mère comme dans les équipes de travail. Ils étaient autorisés à écrire des lettres chez eux et en recevoir des colis. Ils pouvaient célébrer des services religieux dans leur propre chapelle au bloc numéro 5. Le journal du camp «Pour Nous», la bibliothèque ainsi que les présentations théâtrales et musicales atténuaient leurs fatigues du quotidien au camp.

Le «régime de Vichy» de la France libre au sud négociait le rapatriement de prisonniers contre l’engagement de français dans l’économie de guerre allemande. Le nombre des prisonniers de guerre français au Stalag diminuait à 5.000 dès la fin 1942.

D’après le témoignage de votre papa, il souffrit le martyr en punition de sa tentative d’évasion, dans des conditions d’internement inhumaines. Au stalag VI A de Hemer, il y avait un endroit clos réservé aux récalcitrants. Il est très probable qu’il y fut soumis et souffrit du froid et du gel qui condamnèrent ses jambes. Dans un rapport rédigé par une délégation française en visite dans le camp le 14 octobre 1941, soit dix jours après le rapatriement sanitaire de Jacques Ehrenkranz, il est mentionné dans le 3°) paragraphe : Les punitions sont précédées de longues préventions. Les prévenus sont installés sous une tente et dans de très mauvaises conditions. [http://stalag6a6d.synology.me/AccesPublic/StalagVIA-03.html]

Ce qui est sûr, et grâce à l’intervention et l’aide d’un prêtre allemand au stalag, Jacques Ehrenkranz fut rapatrié sanitaire en France le 4 octobre 1941 et envoyé à l’hôpital militaire de Lyon d’où on le transféra ensuite au Val-de-grâce de Paris pour tenter de sauver ses jambes. On décida le tout pour le tout : des électrochocs. Jacques accepta. Au pire, cela entraînerait la mort, au mieux, il risquait de sombrer dans la folie. Il subit cette épreuve dans une cellule capitonnée, réagissant comme un dément. Miraculeusement, après deux semaines de ce traitement infernal, il guérit et retrouva l’usage de ses jambes. Les clichés photographiques dans le parc de l’hôpital avec votre mère et vos tantes que vous m’avez fait parvenir nous dévoilent les premiers pas de sa rédemption.

Lors d’un visite en permission à Soissons, car officiellement il était encore soldat de l’armée française à Soissons, fin 1941-début 1942, c’était un homme affaibli, méconnaissable. Vous m’aviez alors confié dans l’une de vos lettres, en 2013 :

J’étais avec mon frère. Je vois arriver cet homme avec une moustache, avançant péniblement, soutenu par deux béquilles. Daniel s’écrie alors : « C’est notre père ! C’est papa ! ». Je n’en reviens pas. Ce n’était pas celui que j’avais vu partir deux ans plus tôt. Je me souviens aussi de cette anecdote lors du retour de papa. Mon frère avait fait une bêtise et pour échapper à la punition, j’avais crié à Daniel : « Échappe-toi, il ne peut pas t’attraper ! ».

         Vint cette terrible année 1942. Les archives sont un peu contradictoires mais elles vont toutes dans le même sens : votre papa s’engagea dans la résistance et la clandestinité entre janvier et aout 1942. Une période de huit mois dans laquelle votre maman a été arrêtée le 20 juillet 1942 à son domicile du 7, rue des Cordeliers à Soissons avec la plus jeune de vos tantes, Sylvia : déportées du camp de Drancy entre aout et septembre vers Auschwitz-Birkenau pour ne jamais en revenir. Quant à Jacques, appuyons-nous sur ce que j’ai consulté au SHD de Vincennes.

         Il affirmait en 1945, auprès de la direction des services spéciaux du Gouvernement Provisoire de la République Française, avoir mené des actions de résistance, principalement dans la Somme. C’est très probable que, pendant ce premier semestre de l’année 1942, il rencontra deux personnes qui furent déterminantes pour la suite de son combat et dont vous avez entendu parler de la bouche de votre papa et rencontré dans votre jeunesse après la guerre : la comtesse Margot de Gramont et Serge de Gassion, né en Haïti d’une famille d’ambassadeur. Jusqu’à l’arrestation de votre mère, il est difficile de savoir quand il l’a vue pour la dernière fois mais ce qui est sûr, fort de l’ignoble volonté des nazis à déplacer « vers l’Est » vers un « traitement spécial » les Juifs de France et d’Europe, votre père a été mué d’une volonté tout aussi implacable à les combattre.

         Deux traces écrites m’inclinent à croire fortement que Jacques se lança définitivement dans la clandestinité à la fin de l’été 42. Tout d’abord cette phrase écrite de la main de votre maman sur sa dernière carte de Drancy à votre grand-mère maternelle le 2 septembre 1942 : et si Jacques veut la bicyclette… Puis, alors qu’il était officiellement prisonnier de guerre rapatrié sanitaire, cette information établie dans une attestation d’appartenance aux F.F.C. (Forces Françaises Combattantes) par le capitaine Dutailly en 1966 : parti en permission le 26/08/1942 à Perpignan – N’a pas rejoint à l’issue de la permission.

         Comment, pour les réseaux de Résistance, ne pas faire confiance en un homme qui parlait cinq langues : russe, polonais, allemand, français et espagnol (cette dernière acquise lors de ses longs mois passés à Barcarès à côtoyer dans son « régiment ficelle » des républicains espagnols réfugiés, refusant de déposer leurs armes contre les fascistes après la victoire de Franco en 1939) et dont la motivation s’était traduite dans ces termes par son futur chef de réseau, Emile Meyran :

Sa volonté de servir et d’être utile était animé par l’acharnement des Allemands sur les siens car d’origine polono-juive, il a souffert toute sorte de persécution et malgré cela ne s’est jamais arrêté de travailler courageusement et tenacement.

         Au regard des nombreuses traces que j’ai consultées dans les archives de Vincennes, je repère une date : 13 octobre 1942. Votre papa franchit clandestinement pour la première fois la frontière espagnole…

      Chère Lisette, je poursuivrai dans une prochaine lettre, très bientôt, l’odyssée de votre incroyable père dans ses actions de résistance en Espagne et de son incorporation dans le réseau NANA.

     Que la chaleur sincère de mon salut soit emportée par la brise fraiche des Hauts-de-France jusqu’au seuil de votre maison à Ramat-Gan.

Shalom,

Stéphane

A propos Stéphane Amélineau

Professeur documentaliste au lycée de Saint-Rémy à Soissons (02- Aisne), depuis 2007.
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