Jeudi 20 avril 2017, Saint-Clément (Yonne).
Paul Cégretin et moi, partageons cette joie immense de pouvoir enfin nous rencontrer à son domicile. Depuis 4 ans, lors de notre premier contact pendant mon enquête sur l’histoire de son camarade de classe, Charles Tischler (7 ans), arrêté en plein cours le 15 octobre 1942 à Cosne (Nièvre), et nos nombreux échanges épistolaires, nous n’avions pu trouver un temps d’échange autour d’un repas.
Charles Tischler 1940-1941 [Fonds privé, don de Lisette Gal-el à l’auteur, cousine de Charles Tischler].
Collège de Cosne 1942-1943. La classe à 3 niveaux de Madame Camuzet. Paul Cégretin est dans le rang du milieu, 3è à gauche de la photo avec l’écharpe nouée autour du cou. [Fonds privé de monsieur Paul Cégretin, copie donnée à l’auteur].
Paul Cégretin et l’auteur à son domicile le 20 avril 2017. [Crédits : Stéphane Amélineau].
Hier, sous la bienveillance de ce couple octogénaire, la journée fut belle mais cousue d’émotion lorsque nous avons convoqué le passé. Ineffaçable souvenir de Paul dans les replis d’une indignation jamais tarie depuis le jour où un camarade de classe, petit garçon de 7 ans, fut emmené entre deux policiers et transféré ensuite vers Drancy, puis Auschwitz-Birkenau, puis plus rien. Une absence visible sur la photo de classe 1942/1943 prise quelques jours après cette ignominie.
Hier, en montrant mon chapitre illustré Petit Charles, j’écris ton nom, j’ai pu longuement raconter à Paul et son épouse ce qu’était la vie heureuse d’avant de l’enfant Charles en lui racontant l’histoire de la famille Ehrenkranz-Liwer-Tischler dont j’ai croisé le destin à Soissons lors de mes recherches et la rédaction du livre à paraître (fin mai-début juin 2017 : La Shoah en Soissonnais, Journal de bord d’un itinéraire de Mémoire.)
Merci Paul, merci Marie-Rose, portez-vous bien.