Cérémonie du 11 mai 2014

Cérémonie du 11 mai 2014 au monument de l'Amicale de Bergen-Belsen - Cimetière du Père-Lachaise (photos M. Charles Trémil)

Cérémonie du 11 mai 2014 au monument de l’Amicale de Bergen-Belsen – Cimetière du Père-Lachaise (photos M. Charles Trémil)

Prise de parole – Cérémonie au monument de l’Amicale des déportés de Bergen-Belsen – Cimetière Père-Lachaise, 11 mai 2014 :

Je voudrais rendre hommage ici à Rachel KATZ, née WILENSKI à Jérusalem en 1912. Elle a d’abord passé ses plus jeunes années dans l’est de la France avant de s’installer entre les deux guerres à Crouy, près de Soissons. Elle devint fromagère. On ne pouvait trouver métier plus français. Elle échappa in extremis à une première arrestation en 1943. Elle vécut pendant un an dans la clandestinité, errant et sillonnant la Picardie après avoir confié ses deux jeunes enfants à sa belle-mère, jusqu’au jour où Rachel KATZ fut arrêtée près de Laon. Transférée à Drancy le 13 avril 44, elle est déportée en tant que femme de prisonnier de guerre juif vers Bergen-Belsen le 3 mai. Elle survivra en s’échappant, avec quatre autres femmes, du Train fantôme lors d’un arrêt à la gare de Barendorf, près de Lunebourg, un jour d’avril 45.
J’ai croisé le destin de Rachel KATZ lors d’un projet pédagogique avec mes lycéens sur la persécution des juifs du Soissonnais. Pour mes élèves de Saint-Rémy, comme pour moi, cet enseignement de la Shoah avait pour objectif, à travers les destins de plusieurs familles décimées par cette déflagration de l’Histoire et de l’Humanité, de tenter de répondre à cette question : Comment expliquer l’avènement d’un pouvoir qui dénie le droit de vivre à des hommes, des femmes, des enfants parce qu’ils sont nés dans un lit plutôt qu’un autre ?
Cette enquête pédago-historique menée depuis trois ans nous a permis de retrouver les deux enfants cachés de Rachel-KATZ et, ensemble, nous avons pu retracer au mieux l’itinéraire de cette femme et découvrir le sort des 168 épouses et 77 enfants Juifs de France déportés au camp de l’Echange de Bergen-Belsen. C’est en leur nom, Micheline née en 1933, Jacques, né en 1939, et Sylvie, née en 1946, qu’il m’est donné ici d’honorer parmi vous, la mémoire de leur Maman et de celles et ceux qui ont subi l’ineffaçable crime des nazis et de leurs complices.

Stéphane Amélineau



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A propos Stéphane Amélineau

Professeur documentaliste au lycée de Saint-Rémy à Soissons (02- Aisne), depuis 2007.
Cet article a été publié dans Actualités, Famille Katz, Famille Lewkowicz-Herzslikowitz-Bouldoiree, Recherches historiques. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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